SYNTHESE TRIMESTRIELLE DE LA VARIATION DES NAPPES PHREATIQUES DANS LE GRAND SUD ET LA REGION MENABE
Bulletin n° 13 : Octobre 2025
I. CONTEXTE et OBJECTIF
Les régions du Sud et Sud-ouest de Madagascar sont connues comme régions à plus faible couverture en eau potable du pays et subissent de fortes variabilités interannuelles du climat induisant des sécheresses intenses. L’amplitude de cette variabilité devrait s’accroitre dans les prochaines décennies du fait des changements climatiques. Ainsi, pour pouvoir fournir des alertes précoces afin d’éviter une perte humaine excessive et des dégâts économiques ainsi que des apports permettant aux décideurs de prendre des mesures de précautions, ACF, UNICEF et HELVETAS ont installé des sites d’observation des niveaux piézométriques dans plusieurs districts du Grand Sud et Sud-ouest de Madagascar (Figure 1). Le suivi des niveaux des nappes depuis plusieurs années permet d’évaluer la situation des nappes. Ce bulletin décrit l’état des ressources en eaux souterraines dans le Grand Sud et le Sud-ouest.Ce bulletin résulte d’une collaboration de différent producteurs et gestionnaires de données : IRD, UNICEF, ACF, HELVETAS, IOGA, Sorbonne Université, Université de Tuléar, Météo Malagasy, DREAH, ANDEA.

Figure 1: Localisation des sites de surveillance
II. METHODOLOGIE
Les ouvrages sont traités de façon différente selon l’ancienneté du suivi : les ouvrages suivis depuis moins de 3 ans et les ouvrages suivis depuis plus de 3 ans.
- Pour les ouvrages de moins de 3 ans d’observation, on ne représente que la tendance de l’évolution du niveau d’eau mensuel moyen (NSm) du mois en cours par rapport au niveau d’eau du mois précédent. On attribue ensuite le symbole « hausse », « stable » ou « baisse » au mois en cours (Figure 2)

Figure 2 : Symbole représentant la tendance de l’évolution du niveau piézométrique par rapport au mois précédent
- Pour les ouvrages de plus de 3 ans d’observation, deux actions sont entreprises, d’une part la représentation figurative de la tendance de l’évolution par rapport au mois précédent (Figure 2) et d’autre part le calcul de l’Indice de Position (IP) utilisée par le BRGM (Référence). Cet indice positionne, comme son nom l’indique, le niveau du mois en cours par rapport à l’amplitude maximale observée dans la série au pas de temps mensuel. Il a l’avantage d’être simple et compatible à tous types de nappes. Il consiste à quantifier les écarts à la moyenne de façon homogène pour tous les piézomètres.

Où:
NSmmoy : niveau moyen mensuel du mois en coursAvec
NSmmin : niveau moyen minimal de la série
NSmmax : niveau moyen maximal de la série
Une proposition de classification de niveau des nappes est proposée ensuite en fonction de la valeur de l’IP, on définit le niveau comme étant très bas, bas, normal, haut, très haut avec des couleurs indicatives (Tableau 1).
Tableau 1 : Proposition de classification suivant l’IP

Toutes les données sont ensuite cartographiées et classées suivant le symbole donné par la figure 2 qui indique la tendance d’évolution récente obtenue à partir de la variation du niveau d’eau du mois échu par rapport au mois précédent et le code couleur du tableau 1.
III. RESULTATS ET INTERPRETATION

Figure 3 : Carte de la situation des nappes mois d’octobre 2025
La carte de la figure 3 présente la synthèse de l’état des nappes d’eaux souterraines dans les régions Sud, Sud-ouest et Menabe pour le mois d’octobre 2025. La tendance observée met en évidence une situation majoritairement en baisse sur le dernier mois. En effet, pour les données disponibles, 76% des sites montrent un niveau en baisse tandis que 24% seulement des sites sont en hausse. Etant donné qu’on est en fin de la saison sèche, ce constat est logique car, comme il n’y a plus de recharge venant des eaux de pluies, les nappes sont drainées vers les fleuves et la mer et par l’exploitation de la population. Parmi les 11 sites de suivi de plus de 3 ans d’observation, on constate que tous les sites ont des niveaux très haut et haut par rapport à tous les niveaux enregistrés du mois d’octobre de chaque année. Ces niveaux très hauts et hauts sont liés à la bonne recharge que les nappes ont eue pendant la saison de pluie 2024-2025 due au passage des deux cyclones en février 2025, surtout dans les régions Sud-ouest.
IV. RECOMMANDATIONS
Il est suggéré de :
• veiller à l’exploitation rationnelle des ouvrages même si les niveaux sont très hauts et hauts,
• valoriser les eaux de surface dans les zones où elles sont pérennes durant toute l’année comme dans la Région Anosy et certaines parties de la Région Androy ainsi que dans la Région Menabe
• approvisionner en water trucking les zones en situation critique.
Références
- Seguin J.J (2015) – Rapport final. BRGM/RP-64147-FR.89p.
- Klinka. T (2016) – Note technique BRGM/RP-67249-FR

